« La santé n’est pas le monde des Bisounours »

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« La santé n’est pas le monde des Bisounours »

Jacques Delfosse, chirurgien et coordinateur du groupe d’hospitalisation privée Vitalia, assume. « Nous recherchons les meilleurs profils, mais avant tout de réelles compétences ce qui sur le terrain est loin d’être simple car la loi HPST a complexifié le système ! » Il décrit la difficulté des recrutements dans ses 46 cliniques parfois éloignées des berceaux universitaires.

Faire venir un radiologue à Maubeuge, malgré la douceur du clair de lune, lui parait un pari difficile. Quant à l’accueil des internes dans les cliniques privées, qui permet à certains établissements de repérer tôt les bons profils, il ne règle pas tout. « La santé n’est pas le monde des Bisounours » martèle Jacques Delfosse qui voit dans la concurrence accrue entre les Espic (établissements de santé privés d’intérêt collectif) et le secteur privé un frein aux recrutements.
Fossé de rémunération

Directeur du CH Antoine Béclère (AP-HP), Thomas Lauret déplore que le fossé des rémunérations se creuse entre le public et le privé ou la différence peut atteindre 40 % en début de carrière. « Pour garder ses bons chefs de clinique, l’hôpital doit faire des efforts mais nous sommes aujourd’hui prisonniers de la grille (tarifaire) de la fonction publique alors que des rémunérations dans le privé deviennent aberrantes et me paraissent clairement contraires à un choix social raisonnable. »

L’industrie pharmaceutique peine, elle aussi, à recruter des médecins. Mathieu Geffrier, DRH du laboratoire Novartis, évoque une pénurie d’oncologues, expliquant qu’il lui faut en moyenne... 98 jours pour mettre la main sur le candidat idéal !

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